Amour
Et mon poème se fait, envie.
Avec une bouche rouge
De mangue d’été,
Avec la ferveur des vents
Qui descendent les collines
Chargées de sucre et de lumière,
Que je t’embrasse comme un poème.
Que je pose sur ta bouche
Un doux baiser,
Aussi docile qu’une saison,
Aussi fin qu’une pluie de feuillage.
Que je t’embrasse avec la mer
Sur mon rocher,
Quand la patience polit la nuit,
Sous les étoiles complices de nos péchés.
Je veux t’embrasser
Comme on ouvre une fenêtre sur mars,
Comme on boit à la même source
Qui a connu les soifs de siècle... En siècle.
Je voudrais apprendre par cœur
La géographie brûlante de ton cou,
La phrase lente de tes épaules,
L’éclair heureux de ta poitrine.
Que je t’embrasse comme un poème,
Sans mesure suffisante,
Sans autre loi que le vertige,
Sans autre syntaxe
Que le tremblement de vivre.