Que jaillisse dans ma bouche l’eau de ta source
Je viens vers toi pour que tu viennes,
la nuit penchée sur nos paupières
comme un manguier sur l’eau qui tremble.
Viens, ma chérie ! Viens !
Sur ma langue en petit bateau
perdu dans le miel de tes rives.
Viens, ma chérie ! Viens !
Que jaillisse dans ma bouche
le silence de tes cris,
comme un secret chantant
sous la cadence des feuilles.
Tremble, ma chérie ! Tremble !
Laisse ma bouche sur ta carte
et mes ombres dans ce jardin
qui s’ouvre quand tu soupires.
Viens, ma chérie ! Viens !
Je ne nommerai le feu
pas avant que le jour
ne rougisse nos chevilles.
Crie, ma chérie ! Crie !
Et quand la source aura dit notre univers
dans une langue de sel et de frissons,
nous resterons immobiles,
deux fruits mûrs au bord du vertige,
la bouche pleine de la même eau.
Ainsi soit-il !
Par mes mains ou par ma bouche,
tu seras toujours la bienvenue.
Viens, ma chérie ! Viens !