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Amour

Solstice d'été

Par Jean Venel Casséus

Mon amour, ta peau renverse l’heure. J’y pose ma bouche comme on entre dans un verger fermé. Rien ne presse sinon ce tremblement bas qui monte de toi jusqu’à mes poignets. Et voici... Ta nuque a la douceur grave des choses qu’on défait lentement. Et mes mains y prennent feu sans bruit, sans remords. Je te découvre par la faim, par la ferveur, par cette manière qu’a le désir de penser avec nos rires. Je te découvre par ma soif, par la ferveur, par cette manière qu’a ton pays de m’ouvrir tous ses ports. Le drap glisse. L’été tient tout entier dans le creux de tes reins. Et ma bouche, à ta hanche, apprend cette joie de vivre qui n’a besoin d’aucun prénom pour crier ton nom.