Amour
Solstice d'été
Mon amour,
ta peau renverse l’heure.
J’y pose ma bouche
comme on entre dans un verger fermé.
Rien ne presse
sinon ce tremblement bas
qui monte de toi
jusqu’à mes poignets.
Et voici...
Ta nuque a la douceur grave
des choses qu’on défait lentement.
Et mes mains y prennent feu
sans bruit,
sans remords.
Je te découvre
par la faim,
par la ferveur,
par cette manière qu’a le désir
de penser avec nos rires.
Je te découvre
par ma soif,
par la ferveur,
par cette manière qu’a ton pays
de m’ouvrir tous ses ports.
Le drap glisse.
L’été tient tout entier
dans le creux de tes reins.
Et ma bouche, à ta hanche,
apprend cette joie de vivre
qui n’a besoin d’aucun prénom
pour crier ton nom.