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Amour

Vendredi sein

Par Jean Venel Casséus

Tous les vendredis ont un sein Qu’il faut prier les yeux bandés, Comme on s’avance vers un mystère. Avec la bouche pleine de ferveur. Tous les vendredis ont une marche Aux pas des portes de la Vierge, Entre les seins de tous les saints, Dans la pénombre des alphabets. Tous les vendredis sont l’autel D’un chant et d’une douceur, D’un cantique et d’un souffle, Où nos cœurs s’agenouillent Sans même savoir prier. Tous les vendredis ont une nef Où tremblent l’envie et le désir, D'un vitrail d’ombre et de chair Traversé de soleil Sous mes doigts dans ton île. Que Dieu te lâche. Que tu me gardes Toutes tes rivières Qui nous pardonnent. Tous les vendredis ont un sein Qu’il faut prier les yeux bandés, Aux pas des portes de ma Vierge. Prie pour moi, pauvre pécheur, Dans la pénombre des alphabets.