Amour
Vendredi sein
Tous les vendredis ont un sein
Qu’il faut prier les yeux bandés,
Comme on s’avance vers un mystère.
Avec la bouche pleine de ferveur.
Tous les vendredis ont une marche
Aux pas des portes de la Vierge,
Entre les seins de tous les saints,
Dans la pénombre des alphabets.
Tous les vendredis sont l’autel
D’un chant et d’une douceur,
D’un cantique et d’un souffle,
Où nos cœurs s’agenouillent
Sans même savoir prier.
Tous les vendredis ont une nef
Où tremblent l’envie et le désir,
D'un vitrail d’ombre et de chair
Traversé de soleil
Sous mes doigts dans ton île.
Que Dieu te lâche.
Que tu me gardes
Toutes tes rivières
Qui nous pardonnent.
Tous les vendredis ont un sein
Qu’il faut prier les yeux bandés,
Aux pas des portes de ma Vierge.
Prie pour moi, pauvre pécheur,
Dans la pénombre des alphabets.